28mai 2009
La démocratie n'est pas un acquis inconditionnel
15:15 - Par K. - Real life - 4 commentaires
Un petit papier enflammé pour nous rappeler (je ne me sens pas exclu des critiques que je formule!) que nous vivons en démocratie et que nous avons le devoir, plus encore que le droit de faire valoir nos opinions, ou au moins d'en avoir.
Merci à Eric pour cette espace d'expression qu'il m'offre, et merci à vous linuxiens qui prendront la peine de me lire. Et "pardon" (c'est à la mode ;) pour le côté révolté du billet, le sujet vous l'aurez compris me tiens à coeur
.
Et bien non, le fait qu’elle soit inscrite dans nos constitutions, clamée haut et fort à la face des régimes qui n’émanent pas de la volonté majoritaire n’y change rien, la démocratie à un prix et n‘est pas un acquis inconditionnel. Et notre pays devrait le savoir plus que les autres. Le prix de la démocratie, c’est la culture politique, c’est le devoir (et non le droit) de voter et de s’intéresser aux élections qui nous concernent. La démocratie, comme la liberté est un droit assorti de plus d’ « inconvénients » qu’il ne comporte d’avantages et pourtant et même de ce fait, nous devrions nous battre fièrement pour le conserver.
Si vous pensez, après les premières lignes de ce papier que je ne parle que des élections européennes à venir détrompez vous. Je parle également de la politique intérieure, et des enjeux internationaux qui pourraient bien changer le monde, ou du moins des pans entiers de la géopolitique mondiale.
Plusieurs exemples, combien sommes nous, chaque matin à nous indigner devant les propositions de tel ou tel ministres ou députés, en nous laissant porter par la médiatisation instantanée et changeante et sans approfondir la question? Ou encore oubliant 48h plus tard, sous le coup d’une nouvelle annonce, ce qui nous avait tant choqué auparavant?
Combien sommes nous à « parler » du proche orient, du conflit israélo-palestinien, de la guerre en Irak et en Afghanistan, sans savoir même situer sur une carte ces Etats (ne parlons même pas de la connaissances de leurs institutions ou de leurs dirigeants politiques!) ?
Combien sommes nous à avaler l’information telle qu’elle se présente, sans plus d’esprit critique, pour s’indigner ensuite d’une loi, d’une réforme, d’un propos, passé depuis des lustres mais que les canaux officiel de l’information relaient à peine?
Et bien voilà, après cela point de droit de s’indigner d’un président qui bafouerait nos droits fondamentaux, si nous, peuple républicain, démocrate, et éduqué politiquement depuis plusieurs siècles ne sommes pas capables d’assumer notre régime personne ne le fera pour nous et ceux qui auront intérêt à le changer ne s’en priveront pas, et alors qui montera au créneau?
Les devoirs qu’impose la démocratie ne se limite pas à déposer un bulletin dans une urne tous les cinq ans, ou à vaguement connaître le nom d’un ministre. La démocratie demande une rigueur dans la recherche de la culture politique, un sens critique qui permette de savoir à quel moment on veut nous donner à prendre des vessies pour des lanternes, et pourquoi. La démocratie c’est un droit c’est vrai, tout comme la liberté d’expression, et même comme le droit à la connerie.
Mais si la politique intérieure ne vous intéresse que deux fois par décennie ne descendez pas dans la rue avec des pancartes utopiques ou des slogans à l’emporte pièce, et ne portez pas de jugement péremptoires sur des sous-sites sois disant informatifs, vous avez perdu ce droit.
Si l’Europe ne vous intéresse pas, et que vous ne prenez pas la peine de vous renseignez sur les différentes listes, les différents programmes, les différents enjeux, les différents acteurs de l’Union, ne poussez pas des cris d’orfraie chaque fois que les médias vous y poussent en distillant une information polémique, vous avez là encore perdu ce droit.
Si la politique internationale ne vous intéresse qu’en cas d’incidents largement médiatisés et pour vous roulez dans une émotion toute déraisonné et non argumentée, ne portez pas de jugement sur ceux qui en ont la charge tous les jours de l’année, et qui font leur travail, correctement ou pas, vous avez une nouvelle fois perdu ce droit.
Pourquoi ce coup de gueule? Parce qu’il est trop facile de s’indigner à heure fixe, et de critiquer tel ou tel action, homme politique, catégorie sociale, sans savoir de quoi il retourne. Et que pour avoir le droit d’exprimer une opinion il est bon de savoir de quoi l’on parle, sinon on appelle ça de la philosophie ou de la politique de bistrot, et c’est inutile. « Les politiques sont tous des pourris », « les médias nous manipulent », mais écoutez vous l’orateur qui parlera sans démagogie et sans populisme d’un sujet sérieux pendant plus de 3 minutes? Savez-vous que l’élection iranienne peut changer la donne au proche et au moyen orient et que le premier tour aura lieu le 12 juin? Savez-vous que le parlement européen produit 80% de notre législation nationale?
Savez-vous enfin que les médias et les politiques vous vendent ce que vous acceptez d’acheter ou de gober et que donc, ils sont « pourris » mais ils sont élus, et que les médias de toutes sortes ne fonctionnent que grâce à l’audimat ou au lectorat. Avant de porter des jugements péremptoires, posons nous la question, sommes nous digne d’un régime qui, quoique l’on en dise, nous donne un tel pouvoir? Que faisons nous quotidiennement pour alimenter le débat? La différence entre une démocratie et une dictature c’est la liberté du peuple d’avoir une opinion propre et de la faire entendre, et cela dépend du peuple non du pouvoir comme il serait bien arrangeant de le croire.
K.
4 commentaires
salut
on se connait, j'ai pas encore tout lu (et oui) et je te parlerai pas de kdenlive, mais ma premiere impression c'est que tu t'inscris dans l'idée que finalement on doit pas "juger" si on a pas toutes les infos ...c'est un courant d'idée qui en profite pour conclure que finalement le "peuple" n'est pas assez qualifié et interessé pour voter en connaissance de cause et que de ce fait c'est pas utile qu'il vote et que ce serait mieux de laisser ca a quelques personnes ..je dis pas que ton article est écrit dans ce sens, juste qu'il me fait penser a ce courant d'idée ...auquel je suis opposé
a+
1) l'article n'est pas de moi mais de K, lis bien le début :-)
c'est un courant d'idée qui en profite pour conclure que finalement le "peuple" n'est pas assez qualifié et interessé pour voter en connaissance de cause
2) je ne pense pas que l'idée de l'auteur, K en l'occurence, soit celle que tu décris. Mais je lui laisserais le soin de te répondre personnellement.
A nyme.
Par pur provoc je vous dirais bien que je suis dans l'élitisme le plus intégriste qui soit mais ce n'est pas le cas. J'ai feuilleté assez de bouquins d'histoire pour savoir que si la théorie est alléchante dans la pratique l'"élitocratie" ne donne pas les résultats escomptés.
La question que tente simplement de soulever mon papier est, en clair, la suivante : Le "peuple" a le droit de vote, nombreux sont ceux qui se sont battus -parfois au péril de leur vie- pour cela, ne serait-il pas plus judicieux de l'exercer intelligemment?
Car il est trop simple d'être dans la critique ou dans l'acceptation systématique, si l'on ne connait pas le sujet et si (et c'est bien cette attitude en particulier que je critique ici) pire encore on ne prend même pas la peine d'essayer de le comprendre.
Et la finalité, à mon sens, de ce type de comportement, donne "les politiques sont tous pourris" etc. Seulement, nous avons le pouvoir et nous choisissons de le déléguer et une fois la passation de pouvoir opérée nous choisissons ne nous desintéresser de la majorité des affaires. Voilà le drame.
Démocratie n'est pas un vain mot, et il me semble normal qu'en contrepartie de ce droit chacun prenne sur son temps pour comprendre le monde qui l'entoure et les affaires qui le préoccupe (de près ou de loin).
Les grecs d'Athènes (pardonnez moi pour la lointaine référence) qualifiaient d' "idiotes" celui qui ne s'intéresse pas à la politique, car le propre même de la politique est que, que l'on s'y intéresse ou pas, elle s'intéresse à nous.
Je terminerais par une conclusion simple et peut être radicale, chacun est libre de s'intéresser ou non à la politique, mais si l'on fait le choix de ne pas s'en mêler, il ne faut pas, un beau matin, monter au créneau quand nos petits intérêts nous paraissent en danger.
Je ne m'occupe pas de science, je n'ai aucune compétence dans le domaine, je ne m'y intéresse pas mais il ne me vient pas à l'idée d'un coup d'un seul d'engager une querelle avec un scientifique sur tel ou tel sujet, quand bien même il se rapporterait à mon quotidien.
J'espère avoir éclairci les zones d'ombres de l'article.
K.
merci bien les amis